Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 10:10

Je signale à toutes fins utiles (même si son blog est probablement plus couru que le mien) un papier drôle et intelligent à propos d'Intruse :

http://blogclarabel.canalblog.com/tag/Nicolas Jaillet 

Il y règne une coquinerie du meilleur aloi (en gros : ce bouquin est bourré de défauts mais il m'a bien fait rigoler) et une compréhension rare d'une qualité qui peut, éventuellement, entrer dans la composition de nos ouvrages : l'auto dérision. 

Par Nicolas Jaillet
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 08:11

La première critique spontanée d' "Intruse" sur le site de la Fnac est assez dure, comme vous aller le constater. C'est lulu, de Belgique, qui dit :

"
copie de film ancien!

cette histoire est connue depuis un bon moment des jeunes filles qui aiment les films de princesse...ect car cette histoire est la copie conforme du film "la belle et l'empereur" avec Romy Schneider!!!"

Je ne nie pas que la trame narrative de mon livre a beaucoup à voir avec La Belle et l'Empereur, sorti en 1959, sur un scénario de Answald Krüger et Maria Matray. Je constate avec plaisir que la sortie de mon livre fait la promotion d'un film qui n'est pas si célèbre que cela et qui, malgré un scénario solide auquel je rends hommage très volontiers, n'a pas eu autant de succès qu'un Sissi, par exemple.
Je trouve cette critique un tantinet virulente. J'attends avec impatience que celles et ceux qui auront lu le livre (ce n'est pas le cas de notre ami(e) lulu) me donnent leur avis sur la question ; en attendant, ne boudons pas notre plaisir, et réfléchissons ensemble, si vous le voulez bien, sur la question du plagiat, de la réécriture, et de la propriété intellectuelle.

Dans le cas présent, que s'est-il passé ? Quand j'ai vu "La Belle et l'Empereur" je réfléchissais déjà à une histoire d'amour qui se passerait à Vienne, pendant la fameuse conférence. Le fait divers qui sert de support à "La Belle et l'empereur", à savoir : la liaison du tzar Alexandre avec une gantière qui lui a finalement refusé ses faveurs, m'était connue, et j'avais l'intention de partir de là. Comment éviter, également, de situer l'action du récit durant la nuit où se produit l'un des événements historiques les plus célèbres de l'Histoire, à savoir : l'évasion de Napoléon de l'île d'Elbe ? Tous ces éléments sont effectivement dans "La belle et l'empereur", mais ils apparaîtraient, je pense, dans n'importe quel récit sentimental sur la conférence de Vienne. 
Il y a des idées que j'ai empruntées directement à Answald Krüger et Maria Matay, j'en dresse ici une liste non exhaustive :
- Le nom des personnages principaux : Fanny, et Frédéric de Waldaw.
- Le gag du plateau.
Et… je crois que c'est tout. Mais je vous invite à compléter cette liste avec moi.

J'ai l'habitude de faire figurer à la fin de mes livres un court article qui tente de relever tous les emprunts que j'ai fait. C'est une idée que j'ai moi-même piquée au Long John Silver, de Björn Larsson. L'auteur avait l'honnêteté rare de citer ses principales sources. C'est une attitude démocratique, qui se dégage courageusement du narcissisme post-romantique de l'écrivain, et que je salue. De plus, quoi de plus agréable, à la fin d'un livre qu'on a aimé, d'être renvoyé aussitôt vers d'autres livres ?
Mes deux premiers romans : Sansalina et Le retour du pirate, contiennent de telles mentions, et je compte bien continuer de me livrer à cette pratique salutaire chaque fois que ça me sera possible.
Je profite justement de cette rubrique pour compléter ma liste :
- l'expression "pleine de mâchoires", p. 34 est employée par Tavernier dans son film La vie et rien d'autre ;
- Le personnage de Gottlieb Schnögell, qui saute de branche en branche est un hommage évident au Baron Perché d'Italo Calvino.
Encore une fois, j'invite les visiteurs du site à compléter cette liste.

Il est donc particulièrement ironique que l'on vienne m'accuser de plagiat. Je lis des livres, je vois des films, je regarde des expositions, j'écoute les gens parler, me raconter leur vie, et mes livres se nourrissent de ça. Je défie quiconque d'inventer une histoire de bout en bout. Au fait, les plus grands livres de fiction, ceux qui ont formé la matrice de notre imagination et de notre culture, sont des compilations de légendes populaires, en d'autres termes : de récits transmis de bouche à oreille depuis des temps immémoriaux et dont les auteurs sont légion. L'Iliade et l'Odyssée, les Travaux et les Jours, les Mille et Une nuits, ne sont pas autre chose. 

Comme disait Jacques Prévert dans Les enfants du Paradis : "Le public aujourd'hui veut de la nouveauté. Peuh ! C'est vieux comme le monde, ça, la nouveauté." 


Par Nicolas Jaillet
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 18:12
Intruse-couv


Bonjour,

C'est aujourd'hui, mardi 2 février 2010, la sortie officielle de mon nouveau livre : "Intruse" ed. Hachette, 237 pages, 12,90€. Je suis très content, mon éditrice, Cécile Terouanne, est extraordinaire et je l'aime d'amour.  Si vous voulez lire un extrait vous pouvez aller sur :
www.lecture-academy.com.
Si vous voulez poster un commentaire ici-dessous, n'hésitez pas.
Amitiés.
Par Nicolas Jaillet
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 10:44
Avertissement préliminaire

Je n'ai pas la prétention de me placer en maître littéraire. En tant que démocrate, je méprise profondément les maîtres. Je veux simplement défendre le type d'activité qui fait mon gagne-pain, et sur lequel on a dit un peu n'importe quoi, en rappelant au passage qu'il s'agit avant tout d'un genre concret, qui répond à certaines règles que je voudrais ici mentionner : la littérature dite "captivante".




1 / Ne rien laisser de côté

Avant d'aller plus avant dans la description des éléments qui composent ce mode d'expression bien particulier, il convient de dire qu'en littérature captivante, tout n'est pas affaire de technique. Il y a une place pour la magie, le mystère, il convient de la préserver.

Une anecdote qui est peut-être légendaire, mais qui illustre bien le propos : Sur le tournage du "Faucon maltais", Haward Hawks, le réalisateur, et son scénariste
 William Faulkner, qui ont tous les deux oublié d'être cons, se demandent si l'un des personnages du film a été tué ou s'il s'est suicidé. Faulkner admet qu'il l'ignore. Ils vont voir Chandler, l'auteur du roman et lui posent la question. Chandler répond : "Je ne sais pas, ça me dépasse".

Je veux dire par là que la littérature captivante, toute technique qu'elle est, laisse autant qu'une autre la part au mystère. Personnellement, j'ai plus d'admiration pour un Mozart que pour des compositeurs romantiques, comme Schmann ou Schubert. Dans n'importe quelle oeuvre de Mozart, on nous annonce la couleur dès le départ. C'est une cantate, un opéra, une symphonie, dans telle tonalité, et on sait que le compositeur ne va s'autoriser qu'UNE altération et une seule. Ça s'appelle jouer le jeu. Ça s'appelle l'honnêteté. Il est plus difficile (à mon avis) de gagner aux échecs sans changer les règles en cours de route. 

2 / Mais respecter les codes

Ce qui me plaît le plus, dans la littérature captivante, c'est qu'elle s'adresse à quelqu'un. Entendons-nous : écrire "pour l a jeunesse" ou "pour la ménagère de quarante cinq ans" sont, à mon avis, des fausses pistes.
Ces catégories sont récentes : les contes des Grimm ou de Perrault ne sont pas des contes "pour enfants" (il suffit de les lire pour s'en convaincre) mais des recueils d'histoires horrifiques, émouvantes, érotiques… Que les gens se racontaient au coin du feu, toutes générations confondues, quand ils n'avaient pas la télévision. 
Ces catégories sont utiles aux éditeurs, aux libraires, aux bibliothécaires. Elles ne concernent ni les lecteurs, ni les auteurs. Personnellement, je ne pense pas à "mon lecteur" quand je réponds à une commande "pour la jeunesse". En règle générale, j'emploie un lexique aussi précis que possible, mais je ne cherche pas à tout crin à placer le plus possibles de mots rares. Je veux, avant tout, être compris. Mais c'est un problème de style, c'est autre chose. 
Je veux dire par là que je refuse que l'on fasse du Lecteur un schéma caricatural et simpliste : il existe une certaine quantité d'êtres, auprès de qui mon travail va peut-être produire du plaisir. Quels sont-ils ? Quel âge ont-ils ? Sont-ils socialistes ? Sont-ce des hommes, des femmes ? Ces questions n'ont aucune importance. MAIS la littérature captivante a une mission, et c'est cette honnêteté que j'aime : elle est faite pour emmener des gens.
On a beaucoup parlé, non sans mépris, de littérature de gare. En quoi des livres destinés à être lus dans les trains sont-ils méprisables ? 
Par Nicolas Jaillet
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Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 10:19

Sur lecture-academy.com, Hachette publie un extrait de mon prochain roman : "Intruse". 

Par Nicolas Jaillet
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